Survivalisme pour riches : la stratégie des 5 drapeaux

La théorie des 5 drapeaux

Quand on pense au survivalisme, on s’imagine une famille qui accumule des stocks,  s’entraine régulièrement à faire face à différents scénarios de crise et qui dispose d’une base autonome durable (BAD) planquée dans une région rurale préservée.

Mais il existe une autre approche, très différente : celle du « survivaliste nomade ». Le « survivaliste nomade » considère que sa sécurité ne repose par sur son potager mais sur sa capacité à « sauter » facilement d’un pays à l’autre en cas de problème.

C’est la philosophie du « monkey branching »

L’idée est d’être comme un singe, prêt à sauter d’une branche vermoulue vers une autre plus solide.

C’est le choix fait par certains ultra-riches, conscients que les choses sont en train de déraper. Beaucoup d’entre eux ont jeté leur dévolu sur la Nouvelle-Zélande : Peter Thiel (fondateur de PayPal), Reid Hoffmann (Linkedin), Kim Dotcom (Mega) et d’autres milliardaires ont choisi ce pays pour leur résidence fiscale.

Immobilier Nouvelle-Zélande

La hausse vertigineuse de l’immobilier en Nouvelle-Zélande ces dernières années est fortement liée à l’achat de résidences secondaires de repli par des Américains fortunés qui se préparent au pire – Crédit photo Sulthan Auliya on Unsplash

Plusieurs sites anglo-saxons sont consacrés à l’approche « survivaliste nomade », par exemple sovereignman.com ou escapeartist.com. Ils sont plus rares dans la sphère francophone : libredetat.com par exemple.

Il faut dire que cette approche est mal reçue dans le milieu survivaliste francophone qui lui reproche « d’abandonner le pays dans la difficulté ». Il y’aurait matière à en débattre (ce n’est pas le sujet de cette article) mais cette approche n’en est pas moins efficace.

Elle nécessite toutefois de disposer d’une source de revenu suffisante qui ne vous contraigne pas géographiquement : un placement en immobilier ou en bourse, une société sur internet ou une société « physique » que vous avez placé en gérance ou que vous avez automatisé, comme Tim Ferris dans « La semaine de 4 heures »

L’approche du « survivaliste nomade » repose sur une stratégie inventée par Harry Schultz :  la « théorie des 5 drapeaux ». C’est (aussi) une stratégie d’enrichissement et, dans une logique de pure résilience, il est donc nécessaire de l’adapter.

Ses 5 principes sont les suivants :

1) Déplacer votre résidence fiscale

L’objectif est de choisir un pays sain qui taxe peu les revenus et qui ne s’intéresse pas aux profits que vous réalisez à l’étranger.

C’est par exemple le cas du Panama, de Malte ou de l’Estonie.

Pour avoir une résidence fiscale dans un autre pays que le pays d’origine, il suffit d’y résider au moins 183 jours par an.

2) Acquérir un 2ème passeport.

Ce passeport vous permet de vous réfugier facilement dans un pays préservé en cas de crise majeure.

En choisissant correctement son pays de résidence fiscale, il est possible d’obtenir un passeport au bout de quelques années. C’est par exemple le cas du Panama qui offre un passeport au bout de 5 années de résidence.

Il existe d’autres moyens d’obtenir ce 2ème passeport : en se mariant, en ayant recours à la généalogie ou en « achetant » ce passeport grâce à un programme investisseur. Beaucoup de pays (y compris la France) ont un programme d’investissement conditionné, ou non, à une durée préalable de résidence.

 

Ile de Saint Kitts-et-Nevis

L’île de Saint Kitts-et-Nevis est célèbre pour fournir un passeport sans condition de résidence en échange d’un « modique » investissement de 250 000$ – Crédit photo Katelyn Comer on Unsplash

3) Protéger ses sources de revenu dans une société off-shore.

Les ultra-riches ont recours à des Fondations qui sont officiellement à but philanthropiques mais qui leur permettent surtout de protéger leur patrimoine et d’optimiser leur fiscalité.

Comme vous n’avez sans doute pas les milliards d’un Bill Gates (fondation Bill et Melinda Gates) ou d’un Marc Zuckerberg (fondation Chan Zuckerberg), vous devrez vous contenter d’une LCC américaine ou d’autres solutions basées à Hong Kong ou Singapour qui vous imposeront peu d’obligations comptables et juridiques.

4) Choisir un pays sûr pour y stocker son épargne

Ce pays doit être stable, peu exposé au niveau géostratégique, avec une législation éprouvée et qui dispose de banques suffisamment solides. On pense évidemment à la Suisse, mais il existe d’autres options valables telles que Singapour ou l’Australie, par exemple.

5) Trouver un pays sympa et pas cher

Enfin, le dernier drapeau – plus anecdotique – consiste à se choisir un « terrain de jeu » avec un coût de la vie peu élevé et qui corresponde à vos appétences personnelles.

La Thaïlande est un exemple de « terrain de jeu » souvent apprécié.

La théorie des 5 drapeaux

Résider 183 jours par an en Estonie c’est bien, mais certaines peuvent trouver que les hivers y sont longs et tristes… – Crédit photo Ilya Orehov on Unsplash

Dans une logique purement survivaliste, cette stratégie nécessite d’être adaptée.

La théorie des 5 drapeaux allie en effet un double objectif d’enrichissement (par optimisation fiscale) et de résilience. D’ailleurs, elle est régulièrement accusée de favoriser la fraude fiscale et a souvent mauvaise presse.

Plutôt que de choisir un pays d’expatriation sur une base d’optimisation fiscale, il faut plutôt rechercher un pays qui saura résister – et même profiter – de la grande crise qui s’annonce.

C’est par exemple le cas de la Russie qui a d’excellents atouts pour profiter du grand reset qui s’annonce. Ce sera le sujet d’un prochain article.

Pour ceux que la perspective d’aller vivre en Russie intéresse, je vous conseille la chaine YouTube “Les Nouveaux Russiens” qui propose beaucoup de contenu intéressant.

Bien choisir son 2ème passeport est également important : un 2ème passeport allemand quand on est français n’a que peu d’intérêt car ces deux pays sont trop fortement corrélés, pour le meilleur et pour le pire.

Il vaut mieux choisir un passeport moins « puissant » mais offrant une meilleure diversification : Russie, pays de l’Est, Australie, Nouvelle-Zélande, certains pays d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique du Sud.

La théorie des 5 drapeaux

La Russie est probablement le meilleur choix possible pour un survivaliste désirant s’expatrier. Malheureusement, le Russe n’est pas facile à apprendre et les critères d’immigration russe sont assez stricts ! Crédit photo Nikolay Vorobyev on Unsplash

Il est intéressant de choisir un pays sûr pour y loger sont épargne mais, dans une démarche de recherche de résilience, votre épargne doit surtout être suffisamment diversifiée et comporter une bonne dose d’actifs tangibles avec, en premier lieu, 5 à 10% d’or physique.

Pour ceux qui souhaitent investir sur les marchés boursiers, je vous recommande les vidéos de Loic Abadie sur la chaine YouTube Objectif Eco.

Loic Abadie a une approche d’investissement « value » très contrarienne qui se base sur l’analyse des cycles longs et sur le conviction – que je partage – que les pays occidentaux sont désormais en fin de cycle civilisationnel.

Il propose aussi une lettre d’investissement anti-effondrement très intéressante, basée sur une stratégie d’accumulation d’actifs tangibles décotés.

Enfin le 5ème drapeau du « terrain de jeu » pourra être utilement remplacé par une stratégie de protection de vos « biens digitaux » (données, sites web, sources de revenus sur internet) : il s’agit ici de protéger ces biens immatériels contre le phénomène croissant de surveillance étatique, hacking, harcèlement des groupes de pression et censure des plates-forme de réseaux sociaux (twitter, facebook, youtube,…).

A présent, vous savez tout de la stratégie des 5 drapeaux qui allie la recherche de prospérité à celle de sécurité. Quel est votre sentiment par rapport à cette approche? Parlez en dans les commentaires si vous le souhaitez! 

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